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Abeilles en danger : Conséquences désastreuses pour l’environnement, la biodiversité, les cultures,et donc sur notre alimentation

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abeilles
Un drame silencieux est en train de se jouer en ce moment même. Les conséquences pourraient se révéler catastrophiques pour  notre environnement, la biodiversité et l’avenir même de nos cultures et de notre alimentation, si nous n’intervenons pas rapidement.
Les scientifiques sont de plus en plus nombreux à penser que les abeilles sauvages, qui assurent presque à elles-seules la reproduction et la survie de plus de 70% des plantes à fleurs à travers le monde, sont en rapide déclin – notamment en France et en Europe.
Une espèce de plante à fleurs sur dix serait déjà menacée d’extinction en France . Une étude menée par ailleurs aux Pays-Bas et au Royaume-Uni a révélée qu’en 20 ans seulement, les plantes à fleurs dépendantes des insectes pour leur reproduction et leur survie avait purement et simplement disparues de plus de 20% des sites étudiés.
On ne sait toujours pas avec certitude si ce déclin est dû à l’utilisation massive de pesticides de plus en plus toxiques, aux méthodes de l’agriculture intensive, avec le recul de la biodiversité, la monoculture, la destruction des haies et le recul accéléré de leur habitat naturel. Ou à toutes ces causes en même temps.
Mais ce qui est certain, c’est qu’il est dangereux de continuer à l’ignorer. Il faut dresser d’urgence un panorama des populations d’abeilles sauvages qui subsistent à travers tout le territoire et dresser l’inventaire de toutes les plantes qui en dépendent pour pouvoir prendre les mesures indispensables à leur conservation.
Ces abeilles sauvages sont LE maillon clé de la chaîne alimentaire. Sans elles, pas de fleurs dans les prés et les montagnes,  pas de buisson de mûre ou d’aubépine dans les campagnes, ni de forêts de châtaigniers ou d’acacias, sans parler des dizaines de milliers d’espèces d’insectes, d’oiseaux et de mammifères qui en dépendent directement.
Et sans parler des cultures et des productions agricoles. Une vaste étude menée par le Professeur Garibaldi et réunissant des équipes scientifiques dans près de 30 pays, a démontré que la production d’une grande partie des fruits et des graines avec lesquels nous pouvons nous alimenter de façon très variée, est désormais limitée parce que les fleurs ne sont pas suffisamment pollinisées. Le projet Apiformes cherche à évaluer l’état des populations d’abeilles et de pollinisateurs sauvages. Il réunit une équipe scientifique dirigée par Bernard Vaissière du laboratoire Pollinisation et écologie des abeilles de l’INRA, et plus de 25 lycées agricoles répartis à travers toute la France.
L’objectif est double : dresser un tableau fidèle de l’état des populations d’abeilles sauvages et de la pollinisation sur les vastes propriétés agricoles des lycées ; et sensibiliser les futurs agriculteurs aux pollinisateurs sauvages et à l’impérieuse nécessité de les protéger en pratiquant une agriculture plus respectueuse de l’environnement et des insectes pollinisateurs dont elle dépend.
Tout ce qu’on sait à l’heure actuelle sur les populations de pollinisateurs sauvages, c’est qu’il y a en France environ 930 espèces d’abeilles sauvages , et plus de 500 espèces de syrphes…
Et que tout ce petit monde est indispensable à la pollinisation :
 – géographiquement : la grande diversité des espèces et de leurs milieux naturels leur permet d’être présentes sur tous les territoires et dans tous les habitats, et pas seulement à proximité d’un rucher ;
– qualitativement : certaines espèces de plantes ne peuvent pas être pollinisées par les abeilles domestiques, soit parce que leurs fleurs sont trop profondes pour la langue de ces abeilles (comme celle du chèvrefeuille par exemple..), soit parce que leurs fleurs doivent être vibrées pour pouvoir être pollinisées efficacement (comme celles des cyclamens ou des tomates) et que les abeilles domestiques ne sont pas capables de le faire..
Il y a même des espèces de plantes qui ne peuvent être fécondées que par une seule espèce d’insecte pollinisateur en tout et pour tout !
La grande majorité de ces petits insectes est irremplaçable. Y compris pour l’agriculture car on sait maintenant que lorsqu’ils sont présents en nombre suffisant, les cultures sont mieux politisées  et produisent des récoltes plus abondantes et de meilleur qualité qu’avec les seules abeilles domestiques.
Et pourtant, à force de détruire les friches, les haies et les bosquets, pour transformer le moindre m2 de terre arable en champ de colza et autres grandes cultures, l’agriculture intensive anéantit petit à petit leurs habitats naturels.
C’est une situation dramatique, qui nous conduit à notre perte.
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